St Kilda et l'écologie

Inquiétudes au sujet des mouettes de St Kilda

St Kilda apparait aujourd’hui comme un laboratoire pour l’observation des effets catastrophiques du réchauffement climatique. Les scientifiques sont aujourd’hui très inquiets au sujet des mouettes dont les populations chutent dramatiquement.

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Un ancien habitant de St Kilda en train de chasser les oiseaux

Si les habitants évacués il y a 90 ans retournaient aujourd’hui sur leur île, ils seraient choqués de constater la baisse significative du nombre d’oiseaux peuplant l’archipel. St Kilda, le plus grand sanctuaire d’oiseaux marins d’Europe est aujourd’hui menacé. Beaucoup d’espèces luttent pour leur survie. Le nombre de mouettes est aujourd’hui à son plus bas niveau et les perspectives ne sont guère réjouissantes. Les experts craignent en effet que la population de mouettes, oiseau de taille moyenne, ne soit sur le point de s’effondrer totalement.

Le National Trust for Scotland (NTS) effectue chaque année une surveillance de la population des oiseaux sur l’archipel de St Kilda. Parmi les sept sites surveillés cette saison, il n’y avait qu’un seul nid de mouette. Un seul poussin est venu au monde, mort peu de temps après…

L’association caritative de conservation craint pour le devenir des oiseaux dans l’archipel. Après un siècle de croissance, les populations ont rapidement décliné. Tout comme les mouettes, les populations de fulmars, guillemots, macareux et petits pingouins sont aussi menacées. Le Dr Richard Luxmoore, conseiller à la conservation de la nature au NTS, a déclaré que le déclin des populations d’oiseaux est la preuve des changements continuels dans l’environnement marin, en particulier pour le plancton dont le rôle est vital dans la chaine alimentaire marine.

« Les oiseaux marins sont une part essentielle de l’écosystème marin. Même s’ils grandissent à terre, ils passent la plupart de leur temps en mer et peuvent nous dire beaucoup sur sa santé. Durant les 30 dernières années les communautés de plancton se sont déplacées vers le nord à près de 1000 kilomètres, soit plus que la distance entre Édimbourg et Paris. Et cela a de gros impacts. Si la végétation terrestre se déplaçait sur une telle distance, on pourrait parler de pandémie, mais parce que ça se passe dans la mer, on a tendance à ne pas le remarquer. »

Cette année, l’enquête sur les oiseaux marins a enregistré des déclins significatifs parmi plusieurs espèces. Pour souligner le problème, le NTS a produit un film sur son travail à St Kilda, qui explore les causes complexes affectant le nombre des oiseaux marins, comprenant la prédation des oiseaux de type grand labbe.

Parmi les espèces qui ont élu domicile à St Kilda, sept ne vivent presque qu’exclusivement sur l’île. Pour quatre d’entre elles – les fous de Bassan, les macareux de l’Atlantique, le grand labbe et les pétrel-tempêtes – il s’agit de l’essentiel des populations mondiales. Le NTS qui surveille et observe la reproduction des oiseaux note que les naissances d’oisillons indiquent des fluctuations importantes à court terme pour les populations concernées.

Le Dr Luxmoore ajoute :

« Le message que les oiseaux marins nous rapporte concernant l’écosystème marin est extrêmement inquiétant. Nous avions l’habitude de penser que les organismes minuscules du plancton étaient plutôt immunisés au changement climatique. Mais leur déplacement se confond avec l’abondance déclinante, à hauteur de 70%, ce n’est donc pas surprenant que les oiseaux marins qui en dépendent soient laissés en plan. Si les habitants de St Kilda devaient revenir maintenant 90 ans après leur évacuation et voir les falaises qui grouillaient autrefois d’oiseaux marins presque vides aujourd’hui, ils seraient horrifiés de constater ce qui se passe sur l’île où ils vivaient autrefois. »

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Menant à bien les devoirs de conservation de la vie sauvage, le NTS travaille également à préserver les demeures construites par l’homme sur l’île : les rues emblématiques du village, l’église et la Factor’s House avec ses centaines de structures en pierre conique utilisées pour le stockage et le séchage des oiseaux marins, les enclos et les kilomètres de murs en pierre sèche et également les bâtiments énigmatiques de Gleann Mor.

Pour lire l’article original de David Ross paru dans Herald Scotland le 7 décembre 2016, cliquez ici.

Traduction Valérie G., arrangements Clément B.

 

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15 réflexions sur “Inquiétudes au sujet des mouettes de St Kilda

      • Une organisation qui écrase une partie de l’humanité au profit d’une autre, le tout au mépris de la santé de la planète. On en revient toujours au même point : pour faire transformer DURABLEMENT cette organisation, il faut sortir de la logique de l’argent et du court-termisme inhérentes au capitalisme néolibéral…

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