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Bonjour tout le monde,

Deux publications à signaler ces derniers mois. J’ai le plaisir de figurer dans le 190e numéro de la belle revue Décharge (juin 2021). Je remercie Claude Vercey d’avoir choisi deux de mes textes dans la partie « Le choix de Décharge ». Dans ce numéro, vous pouvez retrouver notamment Aline Recoura, Rémi Checchetto ou Daniel Birnbaum. Voici les textes, extraits de mon ensemble Non-lieu, dont je reparlerai prochainement… :

elle a toujours rêvé de voir la mer.

quand elle ressent les premières vibrations du bâtiment, elle s’enferme dans la salle de bain.

dans la glace, son image tremblante apparaît. elle se déshabille sans se quitter des yeux et entre dans l’eau.

les secousses se font de plus en plus fortes.

dans la baignoire, l’eau bouillonne, les vagues submergent le corps qui retient son souffle. en apnée. le bruit sourd du train arrive étouffé aux tympans gorgés d’eau.

ça doit faire cet effet-là de boire la tasse pense-t-elle avant de refaire surface.

l’eau est froide, la baignoire toujours remplie.

au cas où.

***

l’immobilité, c’est la mort. si l’immeuble ne tremble pas, c’est qu’il va bientôt s’effondrer. comme un château de cartes. prise d’une soudaine angoisse, la femme jeune, solitaire, à ouvert la porte pour demander de l’aide. sur son palier, il n’y a pas d’autres portes. à présent qu’elle y pense, elle n’a jamais eu de voisins.

©Clément Bollenot, 2019-2020

Enfin, j’ai eu le plaisir d’être publié dans le Lichen de mai avec un hommage à la Commune de Paris et à ses derniers défenseurs à l’occasion du 150e anniversaire de l’insurrection parisienne. Voici le texte :

Belleville, 28 mai

La balle ricoche sur le pavé à quelques mètres de nous. La barricade s’effrite.
Sur le sol, la poussière se mêle au sang,  aux restes des nôtres.
Des leurs aussi.
Depuis une semaine on entend la mort qui rôde à chaque coin de rue, défendu avec acharnement. Mes oreilles bourdonnent, celles de mes camarades aussi, sans doute.
On est encore une trentaine ici, ça fait des heures qu’on répond à chaque tir. Bientôt notre canon se taira, on charge les dernières munitions.
Mains noires, gueules noires de poudre, de cendre, de suie. Regards hagards. Le feu des Versaillais qui se répand avec une violence meurtrière ne nous laisse aucun répit.
On nous l’a dit. Ils ne font pas de prisonniers.
Alors on se battra jusqu’au bout.Nos Chassepots crachent encore. Les tirs sifflent dans l’air lourd, chargé d’incendies. Des formes se meuvent le long des murs, on tire depuis les fenêtres des immeubles.
Les lignards sont partout, on ne les retiendra plus très longtemps.
C’est foutu.
On le sait depuis qu’ils sont entrés dans la ville mais c’est pas une raison.
Ils peuvent nous fusiller jusqu’au dernier, ils ne feront pas disparaître l’idéal qui nous anime. L’espoir s’est embrasé, l’écho de ce printemps résonnera longtemps et d’autres reprendront le flambeau. Pour que nous puissions goûter aux premières cerises.

©Clément Bollenot, 2021

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